Editorial

L´auteurCe redoutable vocable de l'Académie...Lorsque, à l'automne de 1982, a été fondée à Montréal l'Académie québécoise d'études philatéliques, le premier conférencier invité à la tribune de l'AQEP, nous a livré un message tenant à la fois d'un défi et d'une prédiction annonçant les difficultés liées à une telle entreprise. Il avait intitulé sa communication : " Ce redoutable vocable de l'Académie ", que nous venions de nous approprier avec tant de témérité. Pourtant, avec le recul, nous pouvons lui donner raison et attester, après vingt ans, que notre projet était tout aussi redoutable que son nom le laissait prévoir.Il faut le reconnaître : en vingt ans, il y eut des moments difficiles, des creux et des pentes raides qu'il fallait remonter pour assurer la pérennité du groupe. Il a fallu, parfois, fouetter les enthousiasmes refroidis et puiser dans notre volonté initiale et commune le souci et les motifs de persister.Notre premier conférencier avait bien cerné les difficultés inhérentes au projet que nous avions formé au cours d'une discussion sur l'état lamentable des cercles philatéliques auxquels l'un et l'autre appartenaient. Il avait, du même souffle, évoqué la mémoire de Valentin Conrart dont Boileau admirait le silence prudent. Ce littérateur du XVIIIème siècle avait eu la prudence de ne rien publier, de ne rien dire et avait eu l'habileté de caresser l'amour-propre de ceux qui écrivent et de leur permettre d'être connus. Il réunissait chez lui, autour d'une bonne table - comme avait été instituée parmi nous la même tradition - des amis qui causaient littérature, à huis clos. Les auteurs y trouvaient des auditeurs bienveillants qui devenaient leurs propagandistes les plus empressés.La maison de Conrart fut le berceau de l'Académie française, et lui-même en devint le premier secrétaire perpétuel. Nous commencions notre aventure comme Conrart et ses amis, sans prétention, avec le même goût de converser d'un sujet qui nous unissait, avec la même intention de permettre à ceux d'entre nous, voulant s'exprimer, échanger des propos, de le faire en toute amitié, dans une atmosphère de détente.Mais, en nous attribuant le redoutable vocable de l'Académie, nous formions une société d'études et de conférences, avec tout ce que cela comporte de sérieux et de responsabilités dont l'une des premières était d'épurer la philatélie au Québec pour mieux la faire connaître, la faire apprécier, en extirpant tous ces éléments de bricole qui sont à la philatélie ce que sont, à la littérature, les romans à quatre sous, la commercialisation des sentiments et des passions.Après 20 ans, nous pouvons rendre témoignage à notre premier orateur, d'avoir suivi la ligne de direction qu'il nous traçait, même inconsciemment. Mais, au milieu des difficultés de toutes sortes qui se sont dressées sur notre parcours, il nous a fallu être toujours vigilants et conscients de ne pas déroger à nos objectifs.C'est un retour aux sources fondamentales que je souhaite à l'Académie Européenne de Philatélie (l'AEP) de mettre de l'avant pour assurer son succès permanent.J'aimerais ajouter un souvenir qui nous est cher : celui de la visite du docteur Jean Storch au Québec, en 1988, avec la reproduction d'un cachet spécial d'oblitération que nous avions produit en collaboration avec l'Administration postale, pour nous rappeler son trop bref passage et la conférence qu'il avait prononcée - montre en main, comme c'est son habitude - à la Maison de la poste. Tous l'auront reconnu, bien que cette marque postale unique date déjà de seize ans.
L'Academie, a fearsome term...When, in the autumn of 1982, was founded in Montreal l'Académie québécoise d'études philatéliques (translation : The Quebec Academy of philatelic studies), our first guest speaker delivered a message holding as well a challenge as a prediction of the problems associated to such a venture. He had entitled his speech The fearsome term of Academy..., a designation we had just taken for ourselves with a vague recklessness. Yet, with the passing of time, we can only admit that he was right and we may testify, after 20 years, that our project was as fearsome as its name would prove to be. We are forced to admit that, over twenty years, we went through difficult time and had sometimes to get on feet again in order to secure the durability of our group.Our first speaker had very well delimit the hardship of the project we had formed after discussing the appalling lack of concern encountered in the philatelic clubs which one and the other belonged to.At the same time, he recalled the memory of Valentin Conrart still admired by Boileau for his cautious silence. This 18th century's literary hack had been circonspect enough to publish nothing, to say nothing and used to flatter the self-esteem of those who were writing and to allow them to be known. He used to gather around him, at home, a group of friends, sharing a good meal -in the same nanner we used to operate in our new institution- who talked literature behind closed doors. The authors used to find kind audience who became their most assiduous propagandists.Conrart's home became the craddle of l'Académie française and himself became its first permanent executive secretary.We were starting our venture in the same way as Conrart did with his friends, without any pretension, but driven up by the same liking of discussing any subject, with a common intention to allow those among us who want to express their views, exchange remarks, to do it frankly and befrienly, in an intellectual relaxation.But, with the liberty we took to call ourselves under the fearsome term of l'Académie, we then formed a study and lectures society with all the contingencies which such a term implies : carefulness and responsability. One of our prime goals was to purify the philatelic customs in Quebec, in order to give this hobby and art a better appreciation in eradicating all its triffles which are to philately what the 10-cent or railway station novels are to the literature, eradicating also all the marketing surrounding the passion we had for stamps.After 20 years, we can testify that we have followed our path in the steps opened up by our first speaker. But, among all the difficulties we have met on our course, we ought to be always careful and aware no to depart from our main objectives.This is a return to the fundamental sources that I hope the European Philatelic Academy will put forward in order to establish its permanent success.I would like to add a memento which is still dear to us : Dr Jean Storch's visit to Quebec in 1988, which was marked postally with a special cancellation we had prodced in collaboration with the Postal Authority, to recall his too short visit and the lecture he delivered on this occasion. None of the readers of Le Trait d'Union would have any difficulty to recognize him, although this postal mark dates back to 16 years ago.