Pour briser le blocus

Après le siège de Paris et l’armistice qui mit fin à la guerre franco-prussienne en 1871, les Parisiens sont en opposition au Gouvernement issu des élections de février 1871. Le 18 mars 1871, le Comité central de la Garde Nationale prend le pouvoir à Paris et le blocus postal est décidé par le Gouvernement de Versailles fin mars 1871. Pour briser ce blocus, des agents parisiens sont chargés d’aller clandestinement déposer et prendre le courrier dans les bureaux hors Paris. Le 26 avril 1871, Thiers autorise des agences particulières à transporter, moyennant paiement, la correspondance de ou vers les bureaux de Saint-Denis et Vincennes.
lettre
Affranchissement mixte Suisse-France sur une lettre au 1er échelon de poids expédiée de Silvaplana le 2 mai 1871 pour Paris.
* 30 c émission Helvétie assise dentelée pour une lettre de moins de 10 grammes pour la France en dehors du rayon limitrophe (pour Saint-Denis) avec prise en charge secondaire par l’Agence Bruner.
* 10 c : port dans Paris encaissé par l’Administration de la Commune avec timbre oblitérant PARIS 8 Mai 71.
Grâce aux ballons montés, Paris assiégé pouvait expédier du courrier vers la Province, mais le retour des nouvelles posait un problème difficile : nombre insuffisant de pigeons voyageurs avec dépêches microphotographiques. Steenackers adressa des instructions aux agents de l’Administration des Postes : « Les établissements de poste de toute catégorie, en France et en Algérie, qui recueilleront des lettres «Paris par Moulins» s’assureront de la régularité des poids (4 grammes) et de l’affranchissement (1 franc) ; ils en oblitéreront les timbres-poste et ils les achemineront par la voie la plus prompte, sur le bureau de Moulins-sur-Allier, chargé de les centraliser. »
lettre
Affranchissement mixte Suisse-France sur une lettre dite « Boule de Moulins » au départ de Montreux (5 janvier 1871) se décomposant ainsi :
* 30 c Helvétie assise dentelée (bleu décolorée par l’immersion) pour le port de la lettre de la Suisse vers la France ;
* 1 F correspondant au port de la lettre de moins de 4 grammes (20 c) et 80 c pour les inventeurs du système.