Interview

Aude Ben-MohaAude Ben-Moha : En quelques mois, vous avez modifié le nom, le sigle, le logo, les statuts ainsi que le mode d’élection du président et des nouveaux membres. Vous avez aussi créé Trait d’Union, un annuaire et même une décoration ! Que reste t-il aujourd’hui de l’AEEPP et surtout, pourquoi n’avez-vous pas tout simplement créé une nouvelle Académie en laissant l’AEEPP continuer sa paisible existence ?Jean-Pierre Mangin : L’extraordinaire dynamique philatélique que vous voyez se développer actuellement autour de la France n’aurait pas été possible sans l’existence préalable de l’AEEPP.Robert Françon et ses amis avaient su réunir un capital inestimable, constitué par la présence autour d’eux des plus grands philatélistes européens.C’est à partir de ce vivier unique, que le projet de construction d’une véritable Académie Européenne de Philatélie était envisageable.Il y avait toutefois un risque réel, c’est que Robert disparu, ces grands philatélistes ne tournent le dos à l’AEEPP. Il fallait donc rapidement leur redonner foi en l’avenir. Aujourd’hui, je peux dire que cette première mission a été accomplie, mais c’est le passé, n’en parlons plus et évoquons plutôt l’avenir de notre Académie.A. B.-M. : Le programme « Académie 2000 » a été respecté, quels sont vos futurs objectifs ??J.-P. M. : Vous êtes très aimable d’indiquer que le programme « Académie 2000 » a été respecté, mais ce n’est pas tout à fait exact car le projet de développement d’un site Internet ne sera réalisé qu’au cours de l’exercice 2001. Un groupe de réflexion travaille depuis plusieurs mois sur ce dossier, je communiquerai ses conclusions dans l’un de nos prochains Trait d’Union.A. B.-M. : Je reformule donc ma question : quels sont vos objectifs à court et à moyen terme ??J.-P. M. : Mon premier objectif pour l’AEP est que chaque pays européen soit représenté par un minimum de 4 à 5 grands philatélistes motivés par la vie de notre Académie. Lorsque l’on sait que les membres de l’AEP représentent aujourd’hui 28 pays et que la France, pays fondateur, possède 40 membres, je vous laisse faire le compte.A. B.-M. : Je comprends votre ambition de développement de notre représentation géographique, mais ne craignez-vous pas que les Académies nationales perçoivent alors l’AEP comme une entité concurrente ??J.-P. M. : Je ne pense pas à l’existence de ce risque. Rappelons que la vocation première de l’AEP est de développer l’amitié entre les philatélistes de haut niveau. Quoi de moins agressif comme objectif ! Les dirigeants des Académies nationales l’ont bien compris, puisque la plupart d’entre eux appartiennent déjà à l’AEP et se sont d’ailleurs particulièrement mobilisés pour nous aider dans notre action.A. B.-M. : Dans un mois, un nouveau conseil d’administration va être élu pour 3 ans. Quelle est votre réflexion à ce sujet ??J.-P. M. : Avant toute chose, je vous indique ce qui n’est un mystère pour personne, que je compte solliciter le renouvellement de mon mandat de président afin de poursuivre l’action entamée depuis dix mois.En ce qui concerne le futur conseil d’administration, ma conviction est qu’un poste d’administrateur n’est pas un poste honorifique, mais celui qui doit être attribué à ceux de nos membres qui ont, plus que d’autres, envie de s’engager dans la vie de l’Académie.À cet effet, j’ai demandé à chaque candidat d’indiquer avant le scrutin de janvier, la charge qu’il souhaitait assumer en cas d’élection. Cette profession de foi permettra ainsi à nos membres de se prononcer en toute connaissance de cause.Je voudrais d’ailleurs ajouter malicieusement que cet engagement permettra au futur président, en cas de défaillance, de rappeler leurs promesses aux futurs administrateurs.A. B.-M. : Pour terminer cet entretien, une question très matérialiste : avec toutes ces réalisations, comment vont les finances de l’AEP ??J.-P. M. : C’est une bonne question et je vous remercie d’avoir abordé ce problème très important qui, j’en suis sûr, soucie certains de nos collègues.Il est évident qu’avec un budget de fonctionnement uniquement alimenté par les cotisations, budget qui dépassait à peine les 20 000 F annuels lors de mon élection, aucune action sérieuse n’est envisageable.Je regrette bien entendu que mes prédécesseurs aient cru bon de baisser le montant de la cotisation. Il eut été, à mon sens, préférable de justifier cette cotisation par une prestation en harmonie avec son montant. Tel n’a pas été le cas, ce qui ne facilite pas ma tâche.Malgré cette difficulté, je vous rassure, le compte d’exploitation de l’exercice 2000 sera équilibré. Mais il ne le sera uniquement que grâce au bénévolat et à l’important mécénat de l’équipe dirigeante actuelle, qui n’a compté ni son temps, ni ses deniers et je lui en exprime toute ma gratitude.Je voudrais enfin ajouter que l’AEP a une extraordinaire opportunité à saisir pour trouver une place majeure dans le paysage philatélique européen. Cela ne sera possible que si tous nos membres le souhaitent et continuent à m’entourer de leurs conseils, idées et assistance. Je suis optimiste, car certain que l’AEP entre du bon pied dans le 3ème millénaire.