Editorial

le PrésidentLorsque nos pères fondateurs ont créé notre Académie, ils n’avaient en tête ni une simple réplique d’académies existantes, ni une académie rivale de celle déjà siégeant à Paris agrémentée de quelques membres exotiques des quatre coins du continent. Animés par un esprit plus large, leur vision était de dépasser les limites nationales et de faire sur le plan philatélique ce qui était en train de se développer sur le plan politique. Or, nous connaissons bien les difficultés rencontrées par nos hommes d’État : décalages de visions, vitesses mal accordées, rivalités nationales mesquines, jalousies tant bien que mal cachées... résultant dans la stagnation, la déception, l’ennui. Et pourtant, l’Europe se fait sans retour ; nous voilà à la veille d’une monnaie commune.Qui peut s’étonner si, au sein de notre Académie, nous avons connu des embarras pareils : l’esprit fondateur perdu dans la routine du quotidien, visions fabuleuses désillusionnées, manque de soutien dans les initiatives prises, espérances non satisfaites, projets audacieux échoués... Et pourtant, et encore une fois : l’Académie se fait sans retour ; elle a repris son souffle, elle reprend son essor. Et ceci d’autant plus si nous nous engageons tous.Nombreuses sont les possibilités : il y a tout d’abord maintes occasions de se rencontrer cette année lors d’expositions et de colloques de tous les niveaux : Colmar, Wuppertal, Tours, Bruxelles, Lubin, Berthoud, Sindelfingen, Istanbul vous attendent – et quel meilleur moyen de vivre l’Académie Européenne que dans les contacts personnels, et ceci dans différents pays.Rendre l’Académie vraiment européenne, c’est aussi faire des efforts dans le recrutement de nouveaux membres. Notre Président l’a souligné lors de l’AGO à Paris : il y a toujours une forte domination française qu’il faut équilibrer – non pas éliminer – le plus vite possible. Je suis persuadé que nous sommes loin de nos possibilités dans ce domaine, si seulement tous prenaient cette invitation vraiment à cœur.Enfin, « l’Européennité » de l’Académie se montre dans la recherche philatélique. Je me réjouis d’avance, au moment où j’écris ces lignes, de la parution d’OPUS n° 1, des exposés à Colmar, à Bruxelles, à Berthoud ..., et en même temps je rêve d’un symposium organisé par l’AEP sur un thème bien déterminé où les spécialistes de différents pays apporteront leur point de vue pour établir un panorama pan-européen : comparer les débuts de la carte postale dans les différents pays d’Europe, la création de la poste aérienne, la reprise du service postal après une guerre mondiale, la censure, les cachets libellés dans une langue outre que la langue nationale, la présentation du patrimoine européen, l’égoïsme national en lutte avec la vision d’une Europe unie... Ce ne sont pas les thèmes qui manquent.Donnons à notre Académie sa portée vraiment européenne, sur tous les niveaux et dans tous les sens. Ce n’est qu’à ce moment qu’elle pourra porter à juste titre son nom d’Académie Européenne de Philatélie.When our founding fathers created our Academy, they did not have in mind a simple copy of existing academies, nor did they want to rival the academy which already had its seat in Paris which a few exotic members from the four corners of Europe added for mere decoration. No, animated by a much wider spirit, their vision was to go beyond national limits and to equal in philately what was just being developed in the world of politics.We all know the difficulties that our statesmen met with : diverging visions, different speeds, petty national rivalries, more or less latent jealousies... resulting in stagnation, disappointment, frustration. And still, Europe is on a way without return ; we are just a day away from a common currency.Who would be surprised to see our Academy confronted with the same difficulties : the spirit of the founding fathers lost in daily routine, fabulous visions all of a sudden disenchanted, lack of support once an initiative has been taken, expectancies not satisfied, daring projects come to failure... And still, and once again : our Academy is on a way without return ; it has taken its second breath, it is on ist way up. And this will be true even more so if everybody feels and accepts the appeal.Possibilities are numerous : this year we have a good number of occasion to meet at expositions and conferences of various levels : Colmar, Wuppertal, Tours, Brussels, Lubin, Burgdorf, Sindelfingen, Istanbul are all waiting for you – and I wonder if there is any better way of living the European Academy than by meeting personally and in different countries.Giving the Academy its european character also implies doing every effort in recruiting new members. Our President made the point at the General Assembly in Paris : there is still a strong French predominance which has to be equalised – not eliminated – as soon as possible. Personally I am convinced that we have not yet mobilised all our resources if each of us made recruitment a matter of his heart.Last but not least, the « Europeanness » of the AEP is to be reflected in philatelic research. While I am writing these lines, I am looking forward to the forthcoming first number of OPUS, to the papers and presentations given in Colmar, Brussels, Burgdorf..., and at the same time I cherish the dream of a symposium organised by the AEP on a specific subject on which specialists from different countries give their point of view in order to create a pan-european panorama : one could study the beginnings of the post card in the different countries of Europe, the birth of air mail, the reorganisation of the postal service after a World War, censorship, stamp marks bearing a text in a language different from the vernacular, the presentation of the european cultural heritage, the struggle between national egoism and the vision of a untied Europe... – subjects are far from missing.Let us unite to give our Academy its truly european character, on all levels and in any direction. Only at that moment will it be qualified to bear with justice the name of Académie Européenne de Philatélie.